Notre histoire

Être artisan bijoutier est pour moi une chose naturelle. En effet, mon grand-père Jacques Moniquet, restera comme un véritable modèle. 

Après deux échecs successifs à l’obtention du baccalauréat, mon aïeul est venu me chercher, me sauver…

SUR LES PAS DE MON GRAND-PÈRE 

J’ai grandi à ses côtés. J’ai toujours baigné dans cette ambiance de métal, de bruits de la forge et de la sonnette qui retentissait dans son atelier lorsqu’un client franchissait la porte de sa boutique des Baux-de-Provence.

Son atelier jouxtait sa bijouterie, tout le monde pouvait voir que mon grand-père travaillait seul, dans ce lieu de travail patient où les outils, les fils d’argent et les prototypes en tout genre étaient savamment disposés. Je suis persuadé que faire comme lui a toujours été présent dans ma tête.

C’est d’ailleurs comme cela que j’explique un parcours scolaire plus que déplaisant pour ma mère… mais je savais déjà au plus profond de moi que je voulais reprendre ce savoir-faire familial.

APPRENDRE LE MÉTIER DE BIJOUTIER

Au début de mon apprentissage, les choses n’ont pas été faciles ni simples. Faire un bracelet ou une bague, certes… mais arriver à réaliser une belle bague ou un pendentif en argent dont les courbes et la forme me plaisaient m’a pris un temps très long. Finalement c’est la règle pour tout métier manuel.

D’autant plus que mon maître était un grand bijoutier mais aussi un parfait autodidacte. Ses façons de travailler, ses outils... tout était sorti de sa tête et de ses nombreuses rencontres avec des sculpteurs, des plombiers, des tourneurs-fraiseurs ou même un ingénieur de l’aérospatiale.


Mais c’est d’ailleurs pour cela que ses créations ont toujours plu, car elles lui sont propres, elles sont différentes et très soignées. Je reste intimement convaincu que cette différence dans la créativité est un ingrédient indispensable à la réussite dans un métier d’art, et c’est ce qui me stimule beaucoup au quotidien.


J’ai aussi tenté de passer un CAP de l’art du bijou et du joyau, excusez du peu. Mais trois mois ont eu raison de moi et j’ai abandonné. J’y ai rapidement mis un terme car je sentais que j’en apprenais bien plus en pratiquant avec mon professeur des Baux-de-Provence…

Le travail artisanal

LE TRAVAIL ARTISANAL

Mon leitmotiv c’est le « fait main ».

C’est une expression aujourd’hui un peu galvaudée dans la bijouterie joaillerie mais qui est selon moi fondamentale. Dans mon univers, rien n’est industriel ou en série. Il m’est arrivé parfois de penser à vouloir fabriquer un moule d’un petit cœur ou d’une autre forme, et ainsi ne plus avoir à les fabriquer individuellement. Mais cette manière ne correspond pas à ma philosophie, ni aux valeurs que l’on m’a transmises.


La technique artisanale par forgeage à froid que j’emploie est plus laborieuse mais aussi plus rare (je pense que nous ne sommes pas plus de quatre ou cinq bijoutiers en France à l’utiliser), j’ai l’opportunité d’offrir un travail manuel plus exceptionnel et précieux, auquel je suis très attaché. 

LE DÉTAIL EST IMPORTANT 

Le fait que l’on sente les coups de marteau, ou un défaut qu’un autre bijoutier pourrait considérer comme une erreur, et bien justement, moi j’aime ces « accidents » qui font que chacune des pièces produites dans l’atelier est réellement unique et authentique.

Tout doit être fait avec amour, je me dois d’aimer ce qui sort de mon atelier avant de le proposer à nos clients. Si une pièce fabriquée dans mon atelier ne répond pas à cette exigence, elle part systématiquement à la fonte.

Je réalise tous les bijoux en argent massif (925, 950, rhodié…), uniquement à partir de fils de différents diamètres et profils. Je les forge, je les forme, je les découpe, parfois je les brase, je les lime puis je les poli longuement. Je me fournis pour cela de fils d’argent de grande qualité dans un comptoir de métaux précieux de Marseille.

De temps à autre, je leur rapporte les chutes et rebuts de métal qu’ils transforment en beaux fils neufs. Rien ne se perd, tout se transforme... 

La simplicité comme un art

Dans mon atelier, il n’y a pas d’imprimante 3D, ni laser ou d’autre machine moderne de ce type. Je ne dispose que de quelques marteaux, d’une scie, d’une enclume et d’une table de polissage.

J’aime ce concept de simplicité qui réussit à vous embellir et vous mettre en valeur. Et d’ailleurs ça se retrouve dans mes créations de bijoux, qui visent un design unique, épuré et intemporel. On pourrait mentionner l’exemple en image ci-dessus, le modèle de bracelet mixte « Marie-Colette », que mon grand-père a toujours fait mais dont j’ai retravaillé les bases. 


Faire des bijoux ce n’est pas tout, et je dirais même que c’est le plus simple quand on aime passer son temps dans le refuge de l’atelier. La partie la plus délicate, c’est de les vendre…

Pour cela, j’ai une grande chance en possédant une petite maison de village dans une région ensoleillée ; une petite maison à Maussane-les-Alpilles au cœur de la Provence, dans laquelle j’ai vécu plus jeune jusqu’à l’adolescence.

L’anecdote marrante : je me souviens d’avoir dessiné la devanture avec « Moniquet » écrit en gros dessus. Une prémonition !

LA BOUTIQUE À MAUSSANE

Le 18 mai 2012, j’ouvrais donc là ma propre boutique, après avoir travaillé plus de six ans avec mon grand-père. Avant ça et pour comprendre la chance que j'avais, j'ai tenté encore ma chance -en croyant l'herbe plus verte ailleurs- à l'étranger. 


C'est notamment en Nouvelle-Zélande, lors d'un voyage sur un voilier battant pavillon suédois, que j'ai dû apprendre le fameux nœud de chaise que vous pouvez maintenant retrouver dans bon nombre de mes créations. C'est d'ailleurs toujours avec grande émotion que je repense à ce voyage qui m'a permis de comprendre que mon véritable chez moi était au cœur des Alpilles…