Inspiration et création

Fils d’argent massif création de bijoux

Comment je créé des bijoux ?

La première des inspirations c’est bien évidemment celle qui vient de celui avec qui j’ai appris le métier de bijoutier d’argent, mon grand-père Jacques.

Lorsque je travaillais pour lui, plus jeune et pas encore très confiant, j’étais très loin d’imaginer que je serais capable de créer comme lui. Je pensais vraiment que j’allais passer ma carrière à reproduire ses modèles de bijoux, sans pouvoir en imaginer d’autres. Mais finalement ça ne s’est pas passé comme prévu…

Les prémices

Dans un premier temps, lorsque j’ai ouvert ma propre boutique à Maussane-les-Alpilles, beaucoup de similitudes pouvaient se ressentir entre son travail et le mien.
Et je garderai probablement son sens de l’épure, de l’essentiel, de l’intemporel, de ne pas céder aux effets de mode, au futile ou à la facilité.

Au fur et à mesure, avec du temps, des rencontres, des voyages et des expériences que j’ai vécus, nombre de nouveautés ont fini par arriver. La confiance aidant, j’ai osé aller de l’avant, à vraiment écouter mes sensations et expérimenter, quitte à rater un bijou et le faire repartir à la fonderie.

Et désormais, après huit ans à mon compte comme bijoutier créateur, j’arrive à produire au moins une nouveauté par jour dans l’atelier. Je suis parfois frustré de ne pas pouvoir toutes vous les montrer avant de les avoir vendues à la boutique.

L’atelier

C’est justement à l’atelier que tout se passe.

Bizarrement, bien que tout cela me passionne, je ne pense jamais aux bijoux quand je ne suis pas sur mon lieu de travail.
Mais il me suffit d’y pénétrer et de me retrouver en face d’un simple morceau de fil d’argent pour que l’inspiration vienne.
Finalement ma démarche est devenue au fil du temps très intuitive. Peu ou pas d’esquisse, juste des fils d’argent que je forme librement comme bon -et beau !- me semble. C’est comme un jeu. J’assume.
Je crois que cette spontanéité, le poète René Char l’appelait la « fulgurance » quand il s’agissait pour lui d’écrire. J’aime la définition de ce mot : « Se dit de quelque chose ayant l'éclat, la brillance ainsi que la rapidité de la foudre ».
Si mes bijoux d’argent pouvaient produire cet effet par leur présence, alors je serais vraiment accompli.

Le marteau sert à forger l’argent à froid

Calder, un artiste inspirant

Alexandre Calder est peut-être l’un des seuls artistes qui m’ait servi de modèle. C’est un très grand sculpteur et peintre américain du XXe siècle, qui a créé aussi beaucoup de bijoux forgés. 
Comme lui, j’ai toujours essayé de me contenter du minimum d’outils et d’éviter l’usage de la soudure. J’ai eu envie de lui rendre hommage avec les boucles d’oreilles Alexandre, qui s’inspirent de ses mobiles.

Vous l’aurez peut-être remarqué pour mes bracelets, ils sont tous muni d’un fermoir. Ainsi ils s’ouvrent et se referment sur le poignet. Cette particularité n’est possible techniquement que si le métal est forgé à froid, on dit alors qu’il est écroui. Cet écrouissage rend le métal plus dur et il en devient élastique… C’est un peu magique, mais c’est aussi le signe de la qualité que j’aime apporter à mon travail.

Pour les bracelets, mon obsession est d’ailleurs d’inventer de nouvelles façons de faire en sorte que deux extrémités de métal élastique se rejoignent, en douceur, pour longtemps et surtout en beauté !

Plus que tout, ce sont les bagues que je préfère réaliser car il n’y a pas ce délicat « problème » de fermeture qui peut prendre beaucoup de temps à faire fonctionner parfaitement.

J’avoue que ce sont les boucles d’oreilles qui me donnent le plus de mal. En façonner une, reste relativement simple, mais il en faut deux, et le plus parfaitement identiques comme vous pouvez l’imaginer...

La dernière touche consiste à trouver un nom à chacune des créations de bijou, ce qui n’est pas toujours évident si leur genèse est spontanée !

Se centrer sur l’essentiel

Tous mes bijoux sont argent massif, je n’utilise pas d’autre métal, ni de pierres précieuses. J’aime ce challenge qui consiste à faire un bijou en n’utilisant que la matière, et rien d’autre. Je pense que mon style s’en ressent.

Un bijou d’argent prend forme

L’art de l’aléatoire

Ce qui est aussi intéressant, c’est la part de hasard qui intervient dans beaucoup de créations. En effet, combien de fois j’ai une commande à honorer, le fil est trop grand ou trop petit et voilà qu’un nouveau modèle jaillit !
Il suffit parfois de tordre le fil, donner un coup de marteau à droite plutôt qu’au centre et voilà encore qu’autre chose d’intéressant nous arrive entre les mains. 

Il faut savoir accepter les « erreurs » et rester ouvert aux autres possibilités qu’elles peuvent engendrer. C’est aussi ça l’artisanat.

Une idée argentée a pris son envol

Des possibilités à l’infini, et au-delà !

Un de mes « défauts », c’est que lorsque je dois façonner un bijou pour une commande, il m’arrive très régulièrement d’avoir une autre idée, et devoir laisser tomber mon ouvrage pour me plonger dans le nouveau. J’ai l’impression que si je laisse filer cette création en train de naître sous mes yeux, elle disparaîtra à jamais. Cette sensation est parfois vertigineuse, mais je la trouve de plus en plus stimulante. Le résultat me semble de plus en plus satisfaisant, et vos retours favorables  m’encouragent à suivre cette voie.

En parallèle, j’ai décidé de lancer de la collection d’exception Un sur Un : des bijoux créés en un seul exemplaire, plus techniques et plus longs à fabriquer, qui me permettront de repousser mes limites en terme d’imagination mais aussi celles de la matière.

Avec un peu de recul, je pense que mes créations actuelles ne sont que des évolutions de mon travail passé. Et probablement le fruit de moments ou de sensations vécus, dans mon environnement Provençal.

Le fait de travailler manuellement, sans aucun outil de reproduction telle que la fonte et les moulages. me permet de créer sans limite, à l’infini. J’espère que nous nous y perdrons longtemps ensemble !

Adrien

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